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Ford prépare une grande restructuration

Le bénéfice net du deuxième trimestre a fondu de 48 %, à 1,07 milliard de dollars, notamment à cause d'un problème de production pour le F150 qui demeure le gros contributeur aux résultats de Ford.

Ford prépare une grande restructuration

A l'occasion des résultats du deuxième trimestre, où le bénéfice net a fondu de 48 %, Ford a indiqué qu'une vaste réorganisation allait bientôt prendre corps. Elle serait synonyme d'une charge de 11 milliards de dollars sur les trois à cinq prochains exercices.

 

Bien que Ford envoie, certes tardivement, de bons signaux quant à ses développements futurs, pour l'heure, tous les voyants ne sont pas au vert. A l'occasion de l'annonce des résultats du deuxième trimestre, le constructeur américain a indiqué que la réorganisation des activités du groupe pourrait conduire à une charge avant impôts de 11 milliards de dollars (9,38 milliards d'euros) sur les trois à cinq prochaines années.

 

Une vaste réorganisation qui n'est pas encore définitivement tranchée, comme en témoigne le report d'une journée dédiée aux investisseurs initialement prévue en septembre. Ford la reprogrammera lorsque "davantage de détails pourront être partagés” sur la restructuration mondiale du groupe.

 

Jim Hackett, le CEO de Ford, et ses équipes ont encore des arbitrages à effectuer. "L'équipe est en train de prendre des décisions difficiles", a indiqué le directeur financier Bob Shanks, ajoutant que Ford allait abandonner des modèles de voitures non rentables, comme notamment les berlines sur le marché nord-américain, pour se concentrer sur les SUV et autres pick-up. Quant à l'impact de cette réorganisation sur les emplois, les régions, les métiers, rien n'a encore filtré. Les partenariats, comme les discussions avec VW en vue d'une alliance stratégique, devraient aussi être au centre des réflexions.

 

 Quant aux résultats financiers du deuxième trimestre, "cela a été à l’évidence un trimestre très difficile pour nous", a commenté Bob Shanks lors d'une conférence téléphonique relatée par Reuters et l'AFP. En effet, le bénéfice net du deuxième trimestre a fondu de 48 %, à 1,07 milliard de dollars, tandis que le chiffre d'affaires a reculé de 2,4 %, à 38,92 milliards. Cette contre-performance doit beaucoup à l'arrêt de la production du F-150 dans trois usines à la suite d'un problème d'approvisionnement chez un fournisseur. Un coup dur lorsque l'on sait que le bénéfice trimestriel de la marque est à mettre à l'actif des ventes nord-américaines de ce pick-up et des SUV. Ford a également été impacté par la hausse du prix de l'acier et de l'aluminium à la suite de l'augmentation des droits de douane décidée par l'administration Trump. Ford estime l'impact sur le deuxième trimestre à 500 à 600 millions de dollars et cela devrait grimper à 1,6 milliard pour l'ensemble de l'exercice.

 

Dans les autres zones géographiques, Ford a du mal à tirer son épingle du jeu. Jim Hackett s’est déclaré extrêmement mécontent des résultats en Chine et en Europe. Ford ne parvient toujours pas à faire décoller ses ventes en Chine malgré ses efforts pour y lancer de nouveaux modèles. Sur les cinq premiers mois de l’année, elles ont baissé de 22 % et la perte avant impôts s'affiche à 483 millions de dollars sur le dernier trimestre. Le constructeur a en outre décidé de ne pas répercuter sur les prix de ses voitures la hausse des droits de douane chinois sur les véhicules importés des Etats-Unis. Tout cela provoque un "effet boule de neige", a dit Bob Shanks.

 

Quant à l'Europe, où le constructeur se dit décidé à sabrer dans ses coûts tout en se concentrant sur ses modèles les rentables, Ford table sur une perte cette année. En attendant, au premier semestre, la marque a enregistré 540 010 immatriculations de VP dans l'Union, soit un repli de 4,1 %, alors que le marché VP progresse de 8 %. L'arrivée de la nouvelle Focus, un modèle phare de la marque sous nos latitudes, devrait permettre de relancer les ventes.  

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