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Diesel : les pistes de Bercy pour limiter l’impact sur l’emploi

Diesel : les pistes de Bercy pour limiter l’impact sur l’emploi

Préoccupé par l’impact sur l’emploi de la chute du diesel, Bercy a convoqué ce matin une quinzaine de représentants de constructeurs, d’équipementiers, du CCFA, de la PFA mais aussi des présidents de région. Un plan d’action a été établi à son issue.

 

Plus rien ne semble arrêter le déclin du diesel en France : tombé à moins de 36 % des immatriculations de VN neufs en février, ce carburant, victime du Dieselgate et de la mauvaise presse qui en a découlé, semble voué à perdre définitivement sa place de carburant préféré des Français. Un gâchis pour les constructeurs, et globalement la filière automobile française, hyperspécialisée dans cette technologie à l’époque promue par les pouvoirs publics. Ces mêmes pouvoirs publics, qui aujourd’hui, s’inquiètent des conséquences sur l’emploi que pourrait provoquer ce rejet massif du diesel. En effet, selon les chiffres les récents, environ 15 000 emplois de la filière diesel seraient directement menacés en France.

 

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a convoqué ce matin à Bercy des présidents de région, représentants syndicaux, constructeurs, équipementiers, le CCFA ainsi que la PFA. "Aucune décision n’a été prise lors de cette réunion d’environ une heure, nous informe une source proche du dossier. Cette réunion, à but consultatif, avait seulement pour objectif de mettre à plat les conséquences de la chute du diesel sur l’industrie. Bruno Lemaire a rappelé son engagement sur le sujet mais a aussi souligné l’importance de jouer collectif et d’être solidaire afin de trouver des solutions contre ces risques qui pèsent sur l’emploi."

 

Quatre pistes évoquées

 

Un plan d’action composé de quatre leviers a été établi à l’issue de cette première réunion. Alors que le lancement d’une étude scientifique sur les émissions de CO2 et Nox en conditions réelles des véhicules récents diesel et essence a été décidée, Bercy travaillera aussi sur la cartographie des sites industriels menacés par l’évolution des motorisations. Afin d’accélérer la transformation industrielle, Bruno Le Maire a également souhaité le renforcement du nombre d’entreprises répondant à l’appel à projet PIAVE  "Innovation et diversification d’entreprises diversifiées dans le diesel". Comme son nom l’indique, cet appel à projet, ouvert jusqu’au 12 juin et doté d’une enveloppe de 18 millions d’euros, vise à soutenir des projets portés par des PME ou des ETI, qui apparaîtront comme les innovantes pour mener à bien la transition de leurs activités dans la filière diesel vers d’autres secteurs d’activité industrielle.

 

Autre action approuvée, la mise en place d’un groupe de travail pour encourager les sites industriels de la filière à participer au dispositif Etat-Régions permettant d’accompagner 10 000 sociétés vers l’industrie du futur. Un chef de projet sera désigné au sein du ministère de l’Economie des Finances dans les quinze jours.

 

Bataille autour de la vignette Crit’Air pour les diesel récents

 

Parmi les autres pistes officieuses évoquée, la possibilité d’accorder la vignette Crit’Air 1 aux diesel les récents. Une demande notamment appuyée par les syndicats de l’usine de Bosch de Rodez, spécialisée dans la production de bougies et de systèmes d’injection pour les diesel...mais rejetée ce matin même par Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, invitée sur France Info. "Pour le moment, les vignettes telles qu'elles sont, sont satisfaisantes », a-t-elle estimé. Le but, c'est que ce soit aussi très clair pour les Français : on leur a dit qu'on voulait résolument sortir du diesel, et l'objectif n'est pas pour autant d'envoyer un signal qui pourrait être perçu comme contradictoire par les Français".

 

Une autre réunion sur le même sujet devrait se tenir avant l’été, réunissant cette fois les acteurs de la filière aval. Un indispensable pour Fabrice Godefroy, président de l’association Diéséliste de France. "La première monte est l’arbre qui cache la forêt, a-t-il réagit. L’impact du déclin du diesel sur la filière aval doit être aussi considéré."

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