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Philippe Narbeburu, PSA :

Philippe Narbeburu, directeur de la business unit VUL de PSA.

Philippe Narbeburu, PSA : "Nous allons tout électrifier !"

Le groupe PSA se montre particulièrement offensif sur le marché des VUL. Outre l’électrification de sa gamme, le constructeur travaille sur des propositions hydrogène, le lancement d’un pick-up et l’internationalisation de ses ventes.

 

PSA a récemment annoncé, à l’occasion de la présentation de la deuxième phase du plan Push to Pass, une forte croissance à venir dans le domaine des VUL. Quelles actions allez-vous mettre en place pour atteindre cet objectif ?

Le business des utilitaires légers est effectivement l’un des piliers du plan Push to Pass, ce qui était d’ailleurs déjà le cas dans le premier volet. Un pilier qui s’est remarquablement consolidé puisque nous avons terminé l’année 2018 en tant que leaders européens avec 25 % de part de marché. Nous avons maintenant pour ambition de passer la barre des 30 % le vite possible. L’idée est ensuite d’exporter notre expertise, qui tourne autour de produits efficients, d’un savoir-faire commercial, marketing et après-vente ainsi que d’une réelle connaissance de nos clients. Cela veut dire aller hors d’Europe avec l’ambition de doubler nos volumes internationaux.

 

Quelles régions visez-vous en priorité ?

Nous avons prévu une offensive sur ieurs régions. Je prends l’exemple de l’Amérique latine où nous produisons localement en Argentine et en Uruguay des petites fourgonnettes et des medium vans. Nous importons en revanche les grands fourgons depuis l’usine de Sevel Sud, en Italie. De fait, tous les vans européens sont disponibles. C’est nécessaire mais pas suffisant. Nous avons donc mis en place en parallèle une organisation autour de nos clients B2B, comme nous le faisons dans toutes les régions, notamment avec le réseau. Nous faisons par exemple attention à ce que nos réseaux soient formés et à ce qu’ils aient des stocks de pièces détachées à proximité, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant. L’activité VUL est chapeautée par un interlocuteur dépendant directement du patron de la région. Nous avons clairement mis les utilitaires tout en haut de la pile en termes de priorité. C’est le cas en Amérique latine, mais également en Afrique, au Moyen-Orient et en Eurasie.

 

Le développement international passe-t-il nécessairement par des productions locales ?

De toute évidence ! Nous localisons les productions afin de nous rapprocher de nos clients, mais aussi pour être compétitifs en termes de coûts. Transporter du VUL, cela coûte cher. Il vaut mieux transporter des pièces et assembler localement. Ainsi, deux ans après le lancement des Citroën Jumpy et Peugeot Expert, nous avons été capables d’internationaliser rapidement la production. Celle-ci a démarré fin 2017 en Uruguay, en mars 2018 en Russie et en avril 2019 au Vietnam.

 

Comment conquérir les marchés internationaux sans pick-up au catalogue ?

Vous avez raison, c’est le deuxième volet de notre plan. Les pick-ups représentent 50 % des immatriculations de VUL dans le monde. Nous avons repris pied sur le segment en 2018 avec le Peugeot Pick Up, un produit d’ancienne génération industrialisé en Tunisie. Nous le commercialisons localement. Nous sommes sur des volumes modestes mais cela nous permet de réapprendre ce que sont les clients pick-up. Nous réécrivons la to-do list afin de préparer le coup d’après qui est la mise à disposition d’un véhicule de nouvelle génération. Son lancement est prévu en 2020 sous la marque Peugeot. Il sera commercialisé en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. L’assemblage se fera dans chaque région. Nous n’avons pas prévu de le distribuer en Europe pour le moment.

 

Il est également fait mention de véhicules hydrogènes dans le plan Push to Pass. Cela concerne-t-il les utilitaires ?

Oui, les VUL sont la priorité dans ce domaine. Nous avons d’ailleurs déjà signé des contrats avec des clients français, anglais et allemands pour mettre à disposition des K0 (Citroën Jumpy et Peugeot Expert, NDLR) en 2021, peut-être même avant. Nous avons des spécialistes de cette technologie dans notre centre de recherche de Rüsselsheim. De la même manière que nous serons capables d’électrifier assez facilement ces modèles, nous pourrons les proposer en versions fuel cell avec des réservoirs d’hydrogène logés à la place des batteries.

 

Justement, quels sont les plans du groupe en matière d’électrification des VUL ?

Nous allons tout électrifier ! Nous allons commencer par nos fourgons intermédiaires Jumpy, Expert et Vivaro en 2020. Nous enchaînerons dans la foulée avec le trio Berlingo, Partner, Combo. En ce qui concerne nos grands fourgons Jumper, Boxer et Movano, nous allons procéder en deux étapes. La génération actuelle va être électrifiée via un transformateur afin de répondre le rapidement possible à la demande. La prochaine génération sera en revanche électrifiée directement en usine.

 

Comment sa passe l’intégration d’Opel dans votre stratégie ?

Opel va bientôt progresser assez fortement en Europe. La marque a terminé l’année 2018 à 4,3 % de part de marché, en régression, mais notre ambition est de doubler cette part assez vite. Nous étudions en parallèle des opportunités ailleurs dans le monde pour développer les ventes. Un autre point que je souhaite mettre en avant est la mobilisation des concessionnaires Opel. Avant le rachat par PSA, ils ne pouvaient pas tous distribuer du VUL. Désormais, tout le monde peut et tout le monde doit le faire. C’est assez révolutionnaire pour eux. Ceux qui y prennent goût pourront même devenir business center.

 

Comment jugez-vous les débuts du trio Berlingo, Partner, Combo ?

Les débuts se passent très bien. Nous sommes au-dessus de nos ambitions, nous saturons l’usine. Ce sont des produits entièrement nouveaux qui plaisent à d’autres constructeurs puisque Toyota rejoint le programme. Je rappelle également qu’ils ont été élus "van of the year". C’est incontestablement le programme le efficace du segment avec cinq marques réunies.

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